Bien placer son écran : hauteur, distance et fixation

Un support d’écran ne se choisit pas à la diagonale. Il se choisit à trois données que la
plupart des fiches produit noient dans les arguments commerciaux : le poids réel de l’écran,
son entraxe VESA, et ce que le bureau ou le mur peut réellement encaisser.

La règle de hauteur

Le dossier de l’INRS sur le travail sur écran donne le repère de référence : le haut de
l’écran au niveau des yeux ou légèrement en dessous, une distance de vision de l’ordre d’une
longueur de bras, soit environ 50 à 70 cm, et un écran placé perpendiculairement aux
ouvertures pour limiter les reflets. Le port de verres progressifs justifie d’abaisser
davantage l’écran afin de garder la nuque droite.

Ces repères ne sont pas des obligations produit. Ce sont les valeurs sur lesquelles s’appuie
la prévention des troubles musculosquelettiques et de la fatigue visuelle. En France, le
cadre réglementaire du travail sur écran figure aux articles R. 4542-1 à R. 4542-19 du Code
du travail, et les normes de référence sont la série NF EN ISO 9241, la norme NF X 35-102
pour la conception des espaces de bureaux et la norme NF EN 527-1 pour les hauteurs de plan
de travail.

Les trois chiffres à vérifier avant d’acheter

Le poids, pas la diagonale. Un écran de 27 pouces pèse de 4 à 8 kg selon la dalle et le
châssis. Pesez-le sans son pied d’origine, puis gardez 20 à 30 pour cent de marge sous la
charge maximale du support.

Le poids minimum aussi. Les bras à ressort ont une plage, par exemple 2 à 15 kg. Un écran
trop léger pour la plage est repoussé vers le haut en permanence et ne tient aucune position.
Cette valeur basse est rarement mise en avant.

L’entraxe VESA. La norme s’appelle VESA FDMI et se décline en classes MIS-B à MIS-F. Les
moniteurs actuels relèvent presque tous de MIS-D, avec un entraxe de 75 x 75 ou 100 x 100 mm.
Les entraxes 200 x 100 et 200 x 200 mm apparaissent au-delà de 32 pouces. Certains écrans
n’ont aucun trou : il existe alors des plaques adaptatrices qui pincent la dalle par les
bords, dont la charge admissible devient la nouvelle limite.

Choisir la fixation avant le modèle

La pince serre le bord du plateau, sans perçage, et accepte couramment une épaisseur de 10 à
50 mm. C’est la première cause de retour sur cette famille de produits : mesurez avant de
commander, et regardez si une traverse de châssis passe sous le plateau d’un bureau
assis-debout.

La fixation traversante passe par un trou ou un passe-câble existant et se boulonne sous le
plateau. Plus stable, mais définitive.

Sur un plateau en verre ou à structure alvéolaire, la pince est à proscrire : elle concentre
la pression sur quelques centimètres carrés. Fixation traversante avec contre-plaque, ou
support à socle posé.

Au mur, tout se joue sur le matériau. Sur béton ou brique pleine, des chevilles de 10 à 12 mm
selon la charge. Sur cloison sèche, la fixation doit s’ancrer dans les rails métalliques de
l’ossature, généralement espacés de 60 cm, ou dans un renfort ajouté. La visserie fournie
avec un support est presque toujours prévue pour un mur plein.

Et le déport compte autant que le poids : un écran de 15 kg au bout d’un bras mural de 50 cm
génère de l’ordre de 73 Nm sur la platine, une contrainte en arrachement qui n’a rien à voir
avec celle d’un support plaqué à 3 cm du mur.

Le mécanisme, selon la fréquence de réglage

La vis de tension se règle à la clé Allen et se fige. Elle suffit à un écran léger réglé une
fois pour toutes. Le ressort à gaz tient la position seul et se repositionne d’une main :
comptez 20 à 40 euros de plus, et c’est l’écart le mieux investi dès que la hauteur change
plusieurs fois par jour, notamment sur un bureau assis-debout.

Ce que nous ne faisons pas

Nous n’achetons pas les produits et nous ne les testons pas en laboratoire. Nous comparons ce
que les constructeurs déclarent, nous le confrontons aux normes en vigueur et aux retours
d’acheteurs réels, et nous le disons quand une donnée essentielle n’est pas publiée. Aucune
norme n’est supposée, aucun chiffre n’est reconstitué.